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Les ressources de la forêt


Un historien du XXe siècle a très bien résumé tout ce qu'on pouvait trouver dans la forêt au Moyen Age :

Tout un monde de « boisilleurs » la parcourait ou y bâtissait ses huttes : chasseurs, charbonniers, forgerons, chercheurs de miel et de cire sauvages, faiseurs de cendres, qu'on employait à la fabrication du verre ou à celle du savon, arracheurs d'écorces qui servaient à tanner les cuirs ou même à tresser des cordes. La chasse n'était pas seulement un sport ; elle fournissait de cuir les tanneries, les ateliers de reliure des bibliothèques monastiques ; elle approvisionnait toutes les tables, même les armées. Aux habitants des lieux avoisinants, la forêt offrait une abondance de ressources dont nous ne nous faisons plus idée. Ils allaient y chercher le bois, beaucoup plus indispensable à la vie qu'en nos âges de charbon, de pétrole et de métal : bois de chauffage, torches, matériaux de construction, planchettes pour les toitures, palissades des châteaux forts, sabots, manches de charrues, outils divers, fagots pour consolider les chemins. Ils lui demandaient, en outre, toutes sortes d'autres produits végétaux : mousses ou feuilles sèches de la litière, faînes pour en exprimer l'huile, houblon sauvage, et les âcres fruits des arbres en liberté  pommes, poires, alizes, prunelles  et ces arbres eux­ mêmes, poiriers ou pommiers que l'on arrachait pour les greffer ensuite dans les vergers. Mais le principal rôle économique de la forêt était ailleurs, là où, de nos jours, nous nous sommes désaccoutumés de le chercher. Par ses feuilles fraîches, ses jeunes pousses, l'herbe de ses sous-bois, ses glands et ses faînes, elle servait, avant tout, de terrain de pâture. Les villageois riverains y envoyaient leur bétail ; les grands seigneurs y entretenaient à demeure de vastes troupeaux, et pour les chevaux de véritables haras.


D'après M. Bloch, Les caractères originaux de l'histoire rurale française,