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La peste noire


Voici comment un observateur décrit la maladie.


La maladie

En l'année du seigneur 1348, sévit sur presque toute la surface du globe une telle mortalité, qu'on en a bien rarement connu de semblable. Les vivants en effet pouvaient peine suffire à enterrer les morts, ou l'évitaient avec horreur. Une terreur si grande s'était emparée de presque tout le monde, qu'à peine un ulcère ou une grosseur apparaissait-­elle chez quelqu'un, généralement sous l'aine ou sous l'aisselle, la victime était privée de toute assistance, parfois même abandonnée de parenté. Le père laissait le fils sur son grabat, et le fils son père.


La contagion

Rien d'étonnant, car lorsque dans une maison quelqu'un avait été terrassé par ce mal et en était mort, il arrivait très souvent que tous les autres habitants eussent été contaminés et fussent morts de la même manière. Bien plus, chose affreuse à entendre, les chiens, les chats, les coqs, les poules et tous les autres animaux domestiques subissaient le même sort. Aussi ceux qui étaient sains fuyaient-­ils, affolés par la peur. Et ainsi beaucoup mouraient par manque de soins, qui, peut-être, eussent autrement échappé. Beaucoup encore, saisis par ce mal et qu'on croyait destinés à coup sûr à en mourir sur le champ, étaient transportés à la fosse pour être inhumés : aussi un grand nombre furent-ils enterrés vivants.


Les faux responsables

Et à ce mal s'en ajouta un autre : le bruit courut que certains criminels, en particulier des Juifs, jetaient dans les rivières et les fontaines des poisons, par quoi la peste grossissait d'autant. C'est la raison pour laquelle, tant Chrétiens que Juifs, des innocents, des gens irréprochables, furent brûlés, tués et d'autres fois maltraités dans leurs personnes. Et cette peste se prolongea au-delà de l'année 1348, durant deux années de suite, en se propageant dans des régions où, d'abord, elle n'avait pas sévi.


Vie des papes d’Avignon.