[logiciel creation site] [creation site web] [creation site internet]

La Liberté La République La Marianne

Après la chute de la monarchie, la Révolution de 1792 voulut changer l'image officielle de l'Etat. Elle éprouvait la nécessité d'un symbole visuel de la République, en lieu et place du sceau et du portait du monarque déchu.L'abbé Grégoire, chargé du rapport sur les sceaux de la République, pensa à l'allégorie féminine de la Liberté, déjà officieuse. Il la proposa à la Convention " afin que nos emblèmes, circulant sur le globe, présentassent à tous les peuples les images chéries de la Liberté et de la fierté Républicaine ". La proposition fut retenue, et la Convention décréta que le " sceau de l'Etat serait chargé et porterait pour type la France sous les traits d'une femme vêtue à l'antique, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien ou du bonnet de la Liberté, la gauche appuyée sur un faisceau d'armes ; à ses pieds un gouvernail (… ) et pour légendes ces mots : Archives de la République, et que ce changement serait étendu aux sceaux de tous les corps administratifs. "
Telle est l'origine de la Liberté ou de la République, représentée par une déesse. On la voit parfois avec d'autre attributs : flambeau, niveau, chaises ou joug brisé, chat, sceptre de la Raison, coq gaulois, etc… Cette déesse sera bientôt baptisée du surnom populaire :  " Marianne ". Ce terme, d'abord négatif, perdra progressivement sa nuance péjorative, pour ne plus signifier que  " La République. "
La Marianne elle-même aura des hauts et des bas ! Comme le dit Agulhon : Marianne va disparaître, peu à peu, avec les étapes que l'on sait : délabrement des institutions et des mœurs politiques sous le Directoire, pouvoir personnel après le 18 brumaire an VIII, rétablissement de la monarchie héréditaire, abolition du calendrier républicain et de l'intitulé officiel de la République française en 1806. "
Comme le bonnet phrygien et le faisceau des licteurs, la " Liberté  " est inspirée de l'antiquité romaine. Elle est une copie presque conforme de la déesse Minerve, elle- même identifiée à Athéna, déesse de la mythologie grecque… Fille préférée de Zeus, elle naquit tout armée. C'est la protectrice des batailles rangées, du foyer et des cités, la patronne des sciences, des arts et métiers. Elle est aussi devenue la déesse de la sagesse, avec pour emblème la chouette et le serpent. Faisons remarquer que certains tableaux de la Révolution représentent la Liberté ou la République non pas coiffée d'un bonnet phrygien, mais d'un casque d'Athéna ! Intéressant également de rappeler que c'est la France qui, en 1885, a offert aux Etats-Unis la Statue de la Liberté (la Liberté éclairant la monde), œuvre de Bartholdi.


                                                                                        Le bonnet phrygien



Le " bonnet de la Liberté ", ou bonnet phrygien est apparu dès 1791 et a été adopté par les patriotes en avril 1792, soit trois ans après la cocarde tricolore avec laquelle il fera bon ménage, puisque la cocarde est généralement accrochée au bonnet phrygien. IL faut remonter à l'antiquité romaine pour trouver l'origine du bonnet de la Liberté : à Rome, on posait symboliquement sur la tête de l'esclave rendu à la Liberté un bonnet pointu, en signe d'affranchissement. On le retrouve également sur les médailles d'Henri II, comme symbole de la liberté de l'Allemagne et de l'Italie. Certains Républiques américaines ont également utilisé le bonnet phrygien comme emblème. Du reste, il était porté depuis longtemps par tous les marins de la Méditerranée, aussi bien que par les condamnés des galères.

La forme du bonnet phrygien est variable, mais généralement conique, avec la partie supérieure tombant sur le côté. Il n'a pas toujours été de couleur rouge : un texte de Bissons publié en 1807, indique : " Dans les drapeaux de la garde nationale, en 1789, on remarque que le bonnet phrygien est d'or, bleu, gris, mais point encore rouge. Le bonnet qui fut planté par les patriotes au sommet de la grille d'entrée du Palais de Versailles, en Avril 1792, comme signe de la souveraineté populaire, était de laine grise. En mars 1792, le président, les secrétaires et les orateurs du Club des Jacobins se coiffaient d'un bonnet rouge ; le 19 mars, ce signe fut interdit par la municipalité de Paris et disparut pour quelques jours ; il reparut et fut adopté comme emblème de la liberté, après la séance du 9, ou les 40 soldats suisses du régiment de château- Vieux, condamnés aux galères par leurs compatriotes pour leur insurrection à Nancy, en 1790, furent admis dans l'enceinte législative… "

                                     L'arbre de la Liberté



Avant l'explosion festive des années 1793- 1794, l'arbre de la liberté est connu dans toute la France révolutionnaire. On le plante au pied des maisons, sur les places Publiques, etc.… en ayant soin de suspendre à son faîte un bonnet phrygien rouge, et
d'accrocher à son tronc la table de la constitution de 1789, le Décalogue républicain ou quelque autre texte rappelant les principes de la Révolution.

L'arbre de la liberté a droit à un culte particulier, surtout pendant les fêtes nationales .
Autour de lui sont prononcés des discours patriotiques, organisées des cérémonies. A ses pieds on chante et on danse… Et véritablement, il symbolise la libération, " la fin de la Féodalité, de l'avilissent, de la honte, de l'oppression des peuples ". Il est le signe et l'hommage vivant de la révolution de 1789.
Albert Soboul écrit : " les arbres de la Liberté devinrent très vite populaires, les patriotes les entourèrent d'une vénération attentive et bientôt punirent de peines sévères ceux qui les mutilaient. De tous les symboles révolutionnaires, l'arbre de la liberté fut sans doute le plus vivace dans l'âme populaire. "


Et ceux de l'Armée
Le 30 juin 1791, à la suite du rapport présenté au nom du comité militaire et concernant les drapeaux de l'armée, L'Assemblée nationale décréta : " les cravates de tous les drapeaux, étendards et guidons seront aux couleurs nationales ". Ce rapport du Comité militaire stipulait à son tour que " le drapeau de chaque régiment sera blanc, entouré de bandes tricolores, au milieu, le numéro du régiment avec la devise : DICIPLINE ET OBEISSANCE A LA LOI.Les drapeaux des autres bataillons seront variés selon le rang du bataillon ; les cravates seront aux couleurs nationales ".

Retour A la Marine.
Nouveau changement, le 15 février 1794, en pleine Terreur. La Convention supprime le pavillon décrété par L'Assemblée nationale du 24 octobre 1790 et décrète que " le pavillon national sera formé de trois couleurs nationales, disposées en trois bandes posées verticalement, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ". Ajoutons qu'à la suite du même changement de 1794, certains drapeaux de demis-brigades portent, en leur centre, le monogramme RF entouré de deux branches de laurier en or.



                                                 Le Drapeau


Depuis Henri IV et jusqu'à la Révolution française, le pavillon national était blanc. Rien d'étonnant dès lors que, pendant la Révolution, le drapeau blanc ait été le signe de ralliement des royalistes en exil et des contre- révolutionnaires.
C'est progressivement que, pendant les premières années de la Révolution, on en est venu à l'adoption du drapeau tricolore. Ses couleurs sont naturellement empruntées à la cocarde, devenue depuis juillet 1789 le symbole national des patriotes.

Les Drapeaux de la Garde nationale.
Au cour des années 1789- 1790, les soixante bataillons de la Garde nationale reçoivent des drapeaux curieux, offerts par  " l'amour patriotique des 60 districts de la ville et des faubourgs de Paris. " Ces drapeaux portent les trois couleurs nationales et, généralement, une grande croix blanche. Ils diffèrent cependant les uns des autres par leurs devises et les emblèmes dont ils sont frappés : faisceau des licteurs, fusil, navire, Liberté, épée, balance, fleur de lys, étoiles, guirlandes, bonnet phrygiens, coq gaulois, etc…

Les bannières des députés.
Lors de la grande fête de la Fédération du 14 juillet 1790, quatre-vingt-trois bannières, offertes par la commune de Paris aux députations départementales en " gage d'alliance et de fraternité ", apparaissent aux côtés des soixante drapeaux de la Garde nationale.

Les pavillons de la Marine
Le 24 octobre 1790, à la suite de l'insurrection de certains marins de l'escadre de Brest, qui reprochaient à leurs supérieurs le port de la cocarde blanche, L'Assemblée nationale décrète : " Article 1 et. Le pavillon de beaupré sera composé de trois bandes égales et posées verticalement ; celle des bandes, la plus près du bâton de pavillon, sera rouge, celle du milieu blanche, la troisième bleue. " Le véritable drapeau tricolore était né, même si l'ordre des bandes n'est pas encore celui que nous connaissons aujourd'hui. Mais ce drapeau n'a encore rien de nationale...

LA REVOLUTION ET SES SYMBOLES