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                           Surproduction et misère

J. Steinbeck raconte ici ce qu'il a vu en Californie :
Le travail de l'homme et de la nature, le produit des ceps, des arbres, doit être détruit pour que se maintiennent les cours, et c'est là une abomination qui dépasse toutes les autres. Des chargements d'oranges jetés n'importent où. Les gens viennent de loin pour en prendre mais cela ne se peut pas. Pourquoi achèteraient-il des oranges, s'il leur suffit de prendre leur voiture et d'aller en ramasser pour rien ? Alors des hommes armés de lances d'arrosage aspergent de pétrole les tas d'oranges. Un million d'affamés ont besoin d fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées. Et l'odeur de pourriture envahit la contrée. On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer, le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les berges pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et les enterre, et la pourriture s'infiltre dans le sol. Et les enfants atteints de pellagre doivent mourir parce que chaque orange doit rapporte un bénéfice. Et les fonctionnaires inscrivent sur les constats de décès : mort due à la sous-nutrition, et tout cela parce la nourriture pourrit, parce qu'il faut la forcer à pourrir.