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La révolution de 1830

Un médecin de Paris raconte :
Mercredi 28 juillet
Dans la nuit, on s'était procuré des armes et quand le soleil se leva, il y avait déjà dans certains quartiers des groupes d'hommes résolus ne cachant pas les armes qu'ils portaient. Le combat s'engagea. La fusillade devint plus vive, plus soutenue vers les dix heures. Le canon se fit entendre du côté de l'hôtel de ville en même temps que le tocsin. Quelques gardes nationaux se montrèrent dans les rues vers midi en armes et en uniformes. Ils furent applaudis.
Je vis un grand nombre de blessés qu'on transportait à l'Hôtel-Dieu. J'en pansai quelques-uns. Canonnade et fusillade continuaient sans relâche ; Les patriotes occupaient les quais de la rive gauche, la garde royale et l'artillerie ceux de la rive droite.
On fondait des balles sur les places dans les rues. Tous les tuyaux de plomb de la prison militaire de l'Abbaye furent enlevés et convertis en balles. Dans cette foule d'hommes, je n'en vis pas un seul qui fut ivre ; Le vin et l'eau de vie avaient été défendus.
Jeudi 29 juillet
A deux heures, rentrant chez moi, je me trouvai enveloppé d'une forte colonne qui se dirigeait sur la caserne Babylone occupée par la garde suisse.
On y voyait des ouvriers de toutes les professions, des gardes nationaux en uniforme, des jeunes gens à la tournure élégante, et enfin des femmes et des enfants qui marchaient fièrement dans les rangs. Les armes étaient tout ce qu'on avait pu se procurer : des gourdins, des barres de fer, des fourches d'écurie, des fusils, des sabres. Cette troupe était commandée par un élève de l'Ecole Polytechnique, le malheureux Vaneau qui fut tué dans la rue Mademoiselle

D'après Pouniès de la Siboutie, Souvenirs d'un médecin de Paris