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Ouvriers du XIXè siècle

 « Les seuls ateliers de Mulhouse comptaient en 1835 plus de 5 000 ouvriers. Ces ouvriers sont les moins bien rétribués. Il faut les voir arriver chaque matin en ville et en repartir le soir. Il y a, parmi eux, une multitude de femmes, pâles, maigres, marchant pieds nus au milieu de la boue et, qui faute de parapluie, portent renversé sur la tête, lorsqu’il pleut, leur tablier ou leur jupon de dessus, et un nombre encore plus considérable de jeunes enfants non moins sales, non moins hâves[1], couverts de haillons tout gras de l’huile des métiers, tombée sur eux pendant qu’ils travaillent. Ces derniers n’ont même pas aux bras, comme les femmes dont on vient de parler, un panier, mais ils portent à la main ou cachent sous leur veste un morceau de pain qui doit les nourrir jusqu’à l’heure de leur rentrée à la maison. Ainsi, à la fatigue d’une journée démesurément longue, puisqu’elle est au moins de 15 heures, vient se joindre pour ces malheureux, celle de ces allers et retours. »

Docteur Villermé, Etat physique et moral des ouvriers, 1840.