Non , jamais sur cette terre
On ne vit, en vérité,
Pareille calamité
Ni plus affreuse misère
Que celle que l’on subit
Sous le siège de Paris (...)

(…) Un jour une pauvre mère,
Privée de bois, de charbon,
Attend la distribution
Une journée toute entière ;
Dans ses bras, cruel effroi !
Son enfant est mort de froid ! (…)

(…) On se nourrit d'épluchures
De chats, de chiens et de rats ;
On vend des choses au tas
Que l'on jetait aux ordures ;
Mais on se repaît enfin,
Pour ne pas mourir de faim (…)

(…) C'est d'accord sur l'infâme
Celui qui livra Sedan :
Bonaparte ce tyran !
Ce gredin sans cœur, sans âme !
Que la Prusse, avec ardeur,
Accompli notre malheur. (…)

(…) On a vu dans les tranchées
Des soldats, de froid périr ;
Ils préféraient mourir
D'une mort plus recherchée,
Vis-à-vis de l'ennemi,
En défendant le pays. (…)

(…) Eh bien ! De tous ces ravages,
Nous souffrons sans murmurer ;
Loin de nous désespérer
Ils augmentent nos courages :
On ne vaincra pas Paris,
Tant que nous serons unis !