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Les ouvriers d’une usine de coton

 « Il faut les voir arriver chaque matin en ville. Il y a, parmi eux, une multitude de femmes pâles, maigres, marchant pieds nus au milieu de la boue, et un nombre encore plus considérable de jeunes enfants, non moins sales, couverts de haillons. Ils portent à la main ou cachent sous leur veste, comme ils le peuvent, le morceau de pain qui doit les nourrir jusqu’à l’heure de leur retour à la maison. Ainsi, à la fatigue d’une journée démesurément longue puisqu’elle est au moins de quinze heures, s’ajoute celle de ces allers et retours si fréquents, si pénibles. Pour éviter de parcourir un chemin aussi long, ils s’entassent dans des chambres ou des pièces petites près de leur travail. Un mauvais et unique grabat pour toute la famille, un petit poêle qui sert à la cuisine comme au chauffage, une caisse ou grande boîte en guise d’armoire, deux ou trois chaises, un banc, quelques poteries composent le mobilier qui garnit la chambre. »

D’après Villermé, Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, 1840.