L'exode de juin 1940

Le 8 juin,les train quittant Paris vers l'Ouest circulent normalement ;le 10 juin,ils n'arrivent plus à Rennes qu'avec dix-huit heures de retard ;le 11 juin,il n'y a plus de train,mais la masse humaine n'en déferle pas le moins à pied,à bicyclette ou à voiture. En juin 1940, il faut sept jours aux réfugiés pour aller par le train de Lille à Morlaix, cinq jours du Havre à Brest, cinq jours de Reims à Nantes. Pendant un mois, la moitié de la France se vide d'hommes. Il y eu les Belges et les Hollandais que l'on regardais avec pitié mais sans se croire directement intéressé. Puis les gens du Pas-de-Calais, du Nord, de la Somme. Ceux de l'Aisne, de la Marne. Ceux des Ardennes,qui sont partis des premier avec leurs lourds chariots,sur lesquels sont assis les femmes âgées et les infirmes,sur lesquels sont entassées les sacs d'avoine pour les bêtes,tandis que les hommes,montés sur des bicyclettes,vont et viennent,recherchent des cantonnements,des vivres,de l'eau. Longues journées sous la menace des avions.

D'après H Amouroux La vie des français